Fabriquer sa propre cire à bois

C’est la rentrée…

Il y en a qui préparent leurs cahiers et leurs stylos, d’autres affûtent leurs ciseaux (tiens ça rime…) et d’autres encore préparent de la cire…

C’est donc l’objet de cet article que de voir comment se fabriquer sa propre cire.

Pour ce qui me concerne, j’utilise principalement deux finitions pour les pièces que je produis: l’huile et la cire.
Ce sont deux moyens naturels d’appliquer une couche de protection sur le bois, deux moyens néanmoins très différents, tant dans la fonction de la couche protectrice, de ses propriétés, que de la manière de les appliquer.

Si je n’ai pas trouvé de recettes pour fabriquer de l’huile (certains appliquent de l’huile alimentaire sur leurs pièces, je ne suis pas très fan parce que l’huile a tendance à rancir…), je suis tombé sur cet article pour fabriquer sa propre cire.

D’ailleurs cet article ne se veut pas une traduction de l’article en question mais bel et bien une sorte de digestion de son contenu et une source d’information pour qui veulent s’y lancer.
D’autant plus qu’il en va de ce que je fabrique comme de la cire: je trouve ça tellement plus sexy quand on fait les choses soi-même…!

Alors voici trois excellentes tambouilles pour fabriquer sa cire maison et obtenir un produit de finition non seulement d’excellente qualité mais également à un coût tout à fait correct.

Ingrédients de base

  • Pain de cire d’abeille pure
  • Cire de Carnauba
  • White-spirit
  • Essence de térébenthine

Ustensiles de préparation

  • Vieille gamelle
  • Casserole pouvant contenir la vieille gamelle (cuisson au bain marie)
  • des boulons, des petites équerres métalliques, etc… à mettre dans la casserole pour écarter le fond de la gamelle du fond de la casserole et avoir un bain marie efficace
  • Réchaud/plaque de cuisson
  • Touilleur (bout de tasseau, etc…)

Ustensiles d’application

  • Chiffons (cire souple)
  • Polissoir (cire moyenne et cire dure)

A propos de l’élaboration

Pourquoi trois?  Parce que les recettes qui sont données ici permettent de fabriquer de la cire souple, de la cire moyenne et de la cire dure.

Mais qu’es aquo donc que ça??  Et pourquoi donc trois cires??
C’est juste une espèce de gradation dans la protection mécanique de la surface du bois traité, qui provient d’une variation des proportions des ingrédients dans la recette.

Les quantités indiquées permettent de préparer un volume d’un demi litre de cire environ.

Il est à noter que plus la cire est dure, plus sa température de fusion est élevée (autrement dit, plus il faudra attendre pour que la cire fonde mais on reste en deçà des 100°C).
Il faut donc faire complètement fondre au bain marie la cire d’abeille et la cire de Carnauba (si la recette en contient, la faire fondre en premier puis rajouter la cire d’abeille).  Et pour accélérer le processus, on peut couper la cire en petits morceaux qui mettront moins de temps à fondre qu’un gros pain d’un kilo.
Une fois le mélange effectué et la fonte homogène, retirer du feu pour y ajouter les solvants (essence de térébenthine et white-spirit).  Au besoin, remettre la préparation sur le feu si l’on travaille dans un endroit froid.
Bien mélanger, et une fois le mélange homogène, verser dans un pot, laisser refroidir et fermer.

Alors, souple, moyenne ou dure???

Eh ben ce n’est pas qu’une question de goût:

La cire souple

Ingrédients:

  • 200g de cire d’abeille pure
  • 100g white-spirit
  • 300g d’essence de térébenthine.

C’est une cire qui a la consistance de la graisse de canard à température ambiante (sud ouest oblige…!  mais, amis bretons et amis sarthois, la comparaison avec le saindoux à température ambiante en plein été tient parfaitement la route 🙂 ).
C’est une cire qui nourrit le bois et en fait ressortir le fil mais ne protège pas outre mesure des éraflures, des coups et autres chocs.
Elle est principalement employée dans les parties non visibles des meubles.  En particulier les fonds de tiroirs, les contre-parements des portes et panneaux, etc…
Et puis, chose fondamentale, elle donne au meuble, à la pièce, une odeur envoûtante, comme toutes les cires présentées ici!

Elle s’applique au chiffon : tremper un chiffon dans le pot pour récupérer un peu de cire, appliquer généreusement la cire sur la partie à traiter en faisant des mouvements circulaires.  Laisser sécher quelques minutes puis passer un chiffon doux pour essuyer l’excès en lustrant.

La cire moyenne

Ingrédients:

  • 200g de cire d’abeille pure
  • 100g de cire de Carnauba
  • 200g de white-spirit
  • 100g d’essence de térébenthine.

La cire moyenne est déjà figée et devient plus difficile à appliquer: la consistance ressemble à de la graisse de canard sortie du frigidaire (à nouveau une petite pensée à mes amis bretons et sarthois, …).
Elle offre une meilleure protection à la surface de bois traitée et s’emploie sur les parements qui ne sont pas susceptibles d’être trop sollicités (mécaniquement, s’entend…) tels que panneaux latéraux, portes verticales, parement de tiroirs par opposition au plateau d’une table ou d’une commode qui eux sont susceptible de subir un peu plus.

L’application se fait à l’aide d’un polissoir.  Déposer un morceau de cire sur la surface à traiter, l’écraser à l’aide du polissoir et frotter énergiquement pour faire pénétrer, sous l’effet de la chaleur provoquée par la friction, la cire dans les fibres du bois.
Le séchage est quasi instantané  et s’il est bien passé, le polissoir conférera à la surface un aspect satiné à brillant.

La cire dure

Ingrédients:

  • 200g de cire d’abeille pure
  • 60g de cire de Carnauba
  • 150g de white-spirit
  • 150g d’essence de térébenthine.

C’est elle qui, comparée aux deux autres offre la meilleure protection du bois contre les frictions, les coups et autres petits accidents de la vie.
La protection mécanique reste somme toute modeste: un ciseau à bois qui tombe sur le plan ira irrémédiablement abimer le bois et le marquera en en sectionnant les fibres.  En effet, c’est la couche de cire qui encaisse en premier lieu et si elle est transpercée, le bois sera endommagé puisqu’au contraire de l’huile de Tung qui sature la couche superficielle pour lui procurer plus de dureté, la dureté du bois sous la couche de cire reste inchangée.
La cire dure reste néanmoins une très bonne finition pour les surfaces qui vont être sollicitées: plan de table, plateau de commode, etc…

L’application se fait également à l’aide d’un polissoir.  Tout comme la cire moyenne, il suffit de déposer un morceau de cire dure sur la surface à traiter, l’écraser à l’aide du polissoir et frotter énergiquement pour faire pénétrer la cire dans les fibres du bois.
La cire fond sous l’effet de la friction et pénètre les aspérités du bois en surface laissant une pellicule protectrice.  Le séchage, ici aussi, est quasi instantané et la brillance fera ressortir les fibres du bois si l’application est bien faite.

A propos des ingrédients

Le nombre de composants de la cire est limité: 4 tout au plus.  Certains rajoutent des huiles essentielles mais c’est une tambouille que je n’ai pas testée et l’odeur du produit brut me convient parfaitement.

Parmi ces composants, la cire d’abeille est l’agent qui nourrit le bois et lui apporte cette odeur caractéristique.

La cire de Carnauba, elle, augmente la solidité de la couche de cire et la dureté de la couche protectrice.  Elle apporte protection mécanique au bois ainsi traité mais l’augmentation de la proportion en cire de Carnauba ne fera pas de votre vieille planche, un dispositif pare-balle: elle ne protégera pas d’un coup de ciseau ou d’un objet pointu qui heurte la pièce.
Elle protège néanmoins la surface de la friction et les fibres de l’absorption de liquides et de la formation d’auréoles.
Pour information, la cire de Carnauba peut être remplacée par de la gomme laque en proportion identique (même quantité de gomme laque que de cire de Carnauba indiquée dans la recette).  L’essai reste à faire…

Enfin, il faut garder en tête que le processus de fabrication est réversible: tout comme la chaleur permet de faire fondre la cire pour son élaboration, la surface ainsi traitée risque de marquer au contact d’un objet chaud tel qu’une casserole ou un mug rempli de thé chaud…

Limitation à l’utilisation de la cire

La cire, c’est une très belle finition qui n’a pas à ma connaissance de durée de péremption à partir du moment ou le récipient dans lequel elle est stockée est hermétiquement fermé.
Il reste néanmoins des limitations à connaître, des particularités qu’il faut avoir en tête lors du choix du produit de finition pour son projet.

Difficile à appliquer sur une surfaces tarabiscotée

Si la cire souple reste simple à appliquer, même sur une surface un peu tordue (on applique au chiffon, on retire l’excès au chiffon en frottant un peu… rien de neuf ni de difficile), il n’en est plus de même avec une cire plus dure et lorsque la surface présente des courbes prononcées ou des aspérités importantes.

Les cires moyennes et dures, de par leur application au polissoir, deviennent alors extrêmement difficiles à appliquer sur de telles surfaces.
Je limite donc l’application de ces deux dernières à des surfaces planes en attendant de trouver un moyen de l’appliquer sur ces surfaces tarabiscotées!!
(D’ailleurs si vous avez un truc, n’hésitez pas à partager en commentaire!)

Ne pas coller les surfaces cirées

La cire sature les fibres du bois et rajoute une pellicule à sa surface.  L’assemblage aura tout au plus la solidité de la couche de colle en contact avec la cire, voire même de la couche de cire avec le bois, autant dire peu de résistance.
Et c’est encore pire pour les colles vinyliques dont la solidité dépend des aspérités du bois…

Pas de deuxième couche

Au contraire des vernis qui nécessitent plusieurs couches, appliquer une seconde couche de cire n’apporte aucun bénéfice: les solvants vont dissoudre la couche inférieure qui viendra se mélanger à la couche supérieure et l’excès sera raclé au polissoir.
Pas de bénéfice donc à passer une seconde couche de cire.

Et pour enlever une couche de cire?

Rien de plus simple…  Encore que.
White-spirit, laine d’acier et huile de coude.  Enjoy!

Et alors, du coup???

Eh ben c’est comme la cuisine: vous avez les ingrédients et la recette?
Il ne vous reste plus qu’à vous lancer, faire mijoter et faire des essais et à moi de vous souhaiter une très très bonne tambouille!

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