Bättik

Bättik, le lit qui vient de l’artique, un lit pour enfants mais aussi pour petits grands!

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Matériaux

  • Sections de pin (acheté en GSB) 45 x 120 mm (pied et tête de lit, traverses), 34 x 34 mm (support des lattes du sommier), 27 x 95 mm
  • Insert à visser + tige cylindrique + plaquettes en métal cintrées
  • Dominos
  • Vis à bois (45mm de long)
  • Colle à bois
  • Huile de Tung

Outils à main

  • scie à tronçonner
  • rabot de paume
  • crayon
  • trusquin
  • tranchet
  • équerre
  • rabot à recaler
  • planche à recaler
  • chiffons (confection d’un tampon pour application de l’huile)
  • serre-joints
  • pointes de centrage pour tourillons

Outillage électroportatif

  • domino
  • ponceuse
  • perceuse
  • forêts bois de diamètre approprié
  • mèche Forstner
  • tête à fraiser

Conception

Le constat est simple: mon petit garçon, qui très fièrement affiche ses 3 ans et demi et qui n’attend qu’une chose, c’est de passer rapidement à 4 ans, est en train de grandir…  et furieusement!

Et c’est un fait: le lit cage dans lequel il dormait jusqu’à présent devient de plus en plus exigu, d’autant plus que le gain d’autonomie à cet âge est tel qu’il serait absurde de l’empêcher de se coucher et de se lever tout seul…

L’idée d’un nouveau lit trainait donc dans ma tête depuis quelques temps et il était temps de passer à l’action.

Il nous fallait un lit adapté aux matelas pour enfants, de conception simple, solide.  Il fallait également qu’il soit facile et rapide à fabriquer (gain de temps: c’est qu’il pousse, le petit!!) et qu’il soit aisément démontable pour en faciliter son déménagement.

Maintenant que les contraintes et fonctionnalités de ce lit sont posées, on passe à l’étape de conception.

J’ai fait le choix d’utiliser des section de pin de qualité moyenne pour des questions économiques.  Le bois présente des nœuds, un léger cintrage sur les pièces de 2m40 de long qui sera atténué par le débit de pièces de longueur plus modeste.  Il y a également présence d’un léger tuilage du fait de la présence du cœur de la grume en rebord de débit et j’ai rebuté toute pièce présentant un défaut de torsion lors de la sélection des pièces au magasin.
Il est clair que l’objectif n’est pas de la menuiserie fine et ça sera suffisant.  D’autant plus que le ponçage devrait gommer les défauts de tuilage.

Le pied et la tête de lit sont constitués chacun de deux montants et deux traverses.  Ces pièces sont coupées à la longueur et sont collées entre elles.  Des sections de 45x120mm feront largement l’affaire.

L’assemblage des pièces se fera au domino (les dominos peuvent être remplacés par des tourillon de diam 10mm: mettre deux tourillons en lieu et place d’un domino), à l’exception des traverses qui seront fixées au pied et à la tête du lit à l’aide d’inserts métalliques vissables autorisant son démontage.
J’ai fait le choix de renforcer l’assemblage des traverses aux montants des têtes et pieds de lit avec des dominos (on peut évidemment les renforcer avec des tourillons), le but étant de reprendre les efforts en cisaillement (afin que l’insert métallique ne reprenne pas tous ces efforts en cisaillement au risque d’endommager les pièces de bois sur lesquelles il s’appuie).
Ce choix dans les assemblages devrait faciliter la fabrication en comparaison de méthodes traditionnelles.

Le sommier sera constitué de lattes de sapin de section 27 x 95mm qui seront posés/vissés sur un support de section carrée 34x34mm, lui même vissé sur le bas du contre-parement des traverses.  Le sommier sera ferme, à nouveau c’est un choix mais il peut être remplacé par un sommier à latte classique acheté dans le commerce.  Il sera alors nécessaire de vérifier que les cotes du sommier sont adaptées aux dimensions du lit et de modifier les cotes du lit, le cas échéant.

On appelle parement et contre-parement les faces visibles, resp. la face opposée d’une pièce, une fois le meuble assemblé.  Ainsi le parement de la traverse se trouve être la face externe de celle-ci tandis que son contre-parement est la face de la pièce qui se trouve côté matelas.

Et bien évidemment, la conception de ce lit est applicable à un lit pour adulte en adaptant les dimensions au matelas sur lequel on souhaite dormir.

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Fabrication

Les étapes de fabrications ne sont pas d’une technicité particulières.  Elles demandent tout au plus un peu de rigueur.
Les voici:

  • découpe des pièces à la longueur grossière
  • recalage des bois de bout
  • réalisation des mortaises (trous) qui accueilleront les dominos (ou tourillons)
  • assemblage à blanc puis collage des pieds et tête de lit
  • renforcement des traverses
  • usinage des mortaises (trous) qui accueilleront les dominos (tourillons) sur le bois de bout des traverses
  • usinage des trous pour accueillir la quincaillerie de fixation.
  • collage des dominos en bois de bout de traverse
  • réalisation du support des lattes du sommier
  • assemblage à blanc
  • ponçage
  • mise à longueur et fixation des lattes du sommier
  • application de la finition
  • assemblage définitif

Les pièces sont initialement découpées à la longueur grossière à l’aide d’une scie à tronçonner dans les pièces de 2m40.  La propension du bois mis en œuvre (le pin) à faire des éclats en sortie de scie est importante et un bon affûtage des lames permettra d’en limiter les conséquences.

Sur chaque pièce, un des deux bois de bout est recalé créant une surface parfaitement perpendiculaire aux face et aux chants de la pièce, surface sur laquelle on pourra s’appuyer pour mettre la pièce à la cote de longueur finale.
Ainsi si les pièces sont parfaitement corroyées, les assemblages seront parfaitement jointifs.

Noter que l’opération de découpe et de recalage peut être réalisée d’une traite en utilisant une scie à onglet.  Bien veiller à scier à la bonne longueur dans ce cas et à régler la lame pour un trait d’équerre.

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Toutes les pièces des pieds et du lit étant à la bonne cote, les mortaises pour les dominos sont réalisés sur chacune des pièces en vis-à-vis.  Un assemblage à blanc est réalisé afin de s’assurer que l’ensemble est parfaitement jointif.
Le collage des pièces est réalisé et les deux pans du lit sont serrés au serre joint.
Un coup de rabot de paume sur les arêtes de la base des pieds du lit permettront de s’assurer que les fibres ne seront pas arrachées lors d’un déplacement du meuble.
D’autres part, les autres arêtes sont arrondies au rabot de paume (au besoin à la défonceuse) afin de les rendre plus agréables au toucher et afin de diminuer les risques d’échardes.

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Les traverses sont mises à la longueur en utilisant la même méthode que pour les pièces composant la tête et le pied de lit.
Une pièce est ajoutée de chaque côté afin d’augmenter la retombée au niveau de l’assemblage et donc la stabilité de l’ouvrage aux efforts de cisaillement parallèlement au sol.
Ces pièces rajoutées sont également assemblées aux traverses à l’aide de dominos.

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Comme expliqué un peu plus haut, l’assemblage de la tête et du pied de lit est réalisé à l’aide d’inserts en métal qui permettent un assemblage invisible (détail des pièces ci-dessous).  L’insert se visse dans les montants des têtes et pieds de lit tandis que la vis cylindrique se loge dans le sens du fil de la traverse.  Un trou pratiqué dans son flanc permet d’y glisser la pièce cintrée qui viendra plaquer la traverse sur le montant quand on vissera la vis cylindrique.

 

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Les mortaises accueillant les dominos en bois de bout des traverses sont réalisées et les mortaises correspondantes sont usinées dans les montants des pieds et tête de lit.  Ces dominos ont pour fonction de diminuer la charge en cisaillement sur la quincaillerie et donc de diminuer les dommages qui pourraient être engendrés.  En effet, l’écrasement des fibres en contact avec la partie métallique de la quincaillerie peut entrainer un jeu dans l’assemblage qui irait en s’aggravant, affaiblissant davantage encore la structure.
Sur le bois de bout des traverses, un trou est réalisé afin d’y loger le cylindre de quincaillerie.  Un autre trou est réalisé au foret Forstner dans le flanc de la traverse, sur le contre-parement (la face non visible de la pièce, donc) afin de permettre le serrage de la quincaillerie et donner une cohésion importante à la structure.

Des pointes de centrage (habituellement disponibles dans les kits de réalisation d’assemblage de tourillons en GSB) permettront de reporter exactement l’emplacement des trous à réaliser en vis-à-vis des traverses sur les montants des pieds et tête de lit.
L’insert de quincaillerie est alors vissé sur les montants en utilisant un foret plat de 12mm.

Bien veiller à positionner proprement le trou réalisé avec le foret Forstner et à adapter le diamètre des trous aux pièces de quincaillerie en utilisant un pied à coulisse au besoin: les notices sur les emballages ne sont pas forcément bien explicites et un essais sur des chutes peut se révéler judicieux pour éviter des erreurs à ce stade de la réalisation.

Les dominos sont alors collés en bois de bout des traverse (pas de colle appliquée côté montant des pieds et tête de lit: l’assemblage doit être démontable!!!).
On laisse sécher la colle puis on réalise un assemblage à blanc pour confirmer que la réalisation est propre.

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On démonte et on ponce.  Le ponçage, comme dit dans la partie conception permettra de gommer un léger tuilage des pièces, le but n’étant pas d’être d’une précision diabolique.
On procède toujours en utilisant des disques de grains croissants, de 40 à 220 pour ce qui me concerne (faire attention: le grain 40 est extrêmement abrasif et il ne faut pas s’endormir sur la ponceuse, surtout sur ce bois tendre!).
La méthode consiste à tracer un zig-zag au crayon sur l’ensemble de la pièce, sur toute la largeur et sur toute la longueur) et de poncer au grain le plus grossier en maintenant la ponceuse la plus plane possible et en faisant des passes dans la longueur, passes centrées sur le milieu de la pièce.  Quand le crayon a disparu, le tuilage est effacé et on peut passer à un ponçage à l’aide d’un disque plus fin.

Sur le contre-parement du sommier, on visse un tasseau de bois de section carrée 34mm en partie basse du contre-parement des traverses du lit.  J’ai positionné une vis tous les 25 cm environs en pré-perçant le tasseau et en fraisant l’orifice afin que la tête de vis s’y loge sans écraser les fibres.

Pré-percer le tasseau permet d’éviter que les contraintes engendrées par les vis sur les fibres du bois ne le fasse fendre sur la longueur.  Le fraisage de l’orifice assure également cette fonction.

Ce tasseau permettra l’appui des lattes du sommier.
Il faut aussi veiller à adapter la longueur de ce tasseau afin qu’il n’obstrue pas l’accès aux trous dans le contre-parement des traverses pour visser la quincaillerie…
Eh!  Tout le monde peut se tromper comme disait le hérisson en descendant d’une brosse à chaussure…

Le lit une fois assemblé (les deux traverses bien fixées de chaque côté à l’aide de la quincaillerie), on met les lattes (pin de section 27×95 mm) à la longueur puis on les vis à égale distance.  J’ai pour cela utilisé une cale que j’ai raboté à une épaisseur égale à l’écartement théorique des lattes.
Le pré-perçage et fraisage des tête de vis est également utilisé ici, d’autant plus que l’on est à proximité du bois de bout où le bois reste fragile pour ce type d’effort et peut très facilement fendre.

Il ne reste plus qu’à appliquer deux ou trois couches d’huile de Tung (huile naturelle) au tampon.  Cette huile a pour propriété de pénétrer sous la surface du bois et de sécher, durcissant donc le bois qui pourrait bien être fortement sollicité par le braillard pour lequel ce lit est construit (je ne sais pas pourquoi je dis ça, moi…!).
La finition à l’huile procure au bois une finition satinée et fait joliment ressortir les veines à la surface.

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Voilà le lit est terminé.
Je m’assois dessus, ça tient…
Je bouge dessus ça ne bronche pas…

Alors tous les dinosaures des rêves, les ours en peluche et autres gentils monstres pourront sans souci s’y glisser pendant la nuit, le lit, lui, ne bougera pas d’un poil!

Et puis si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez pas, je suis là pour vous répondre!

 

Article T2Woodworks: Bättik

 

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